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Daltonisme et pilote : le test d'Ishihara, et ce qui se passe si on le rate

Par Fabian Voncken, pilote de ligne (ATPL), ancien instructeur de vol et ancien infirmier. Ce que dit le texte, ce qu'il ne dit pas, et les idées fausses qui circulent le plus sur le test d'Ishihara, sans me prononcer sur votre aptitude, ce n'est ni mon rôle ni ma compétence.

Fabian Voncken, pilote de ligne (ATPL)

Qui écrit cette page ?

Fabian Voncken, Pilote de ligne (ATPL) · Ancien infirmier cardio & urgences

J'ai passé cette visite une vingtaine de fois, et j'ai pratiqué de l'autre côté la plupart des examens qu'elle contient. Mais soyons clairs dès la première ligne : je ne suis pas médecin. Cette page ne pose aucun diagnostic et ne juge aucune aptitude. Elle fait une seule chose : vous montrer ce que le texte dit réellement, et là où il ne dit rien.

En bref

La vision des couleurs relève de MED.B.075 pas de MED.B.070, qui traite du système visuel. Le test de première intention est l'Ishihara, et le rater ne conclut rien : il déclenche des tests complémentaires. En classe 1, le candidat est obligatoirement renvoyé au medical assessor de l'autorité, et le critère est « trichromate normal ou colour safe ». En classe 2, même après échec des tests complémentaires, l'issue prévue n'est pas l'inaptitude mais une limitation au vol de jour une issue qui n'existe pas en classe 1. Point souvent ignoré : le règlement ne contient aucun chiffre tous les seuils vivent dans les moyens acceptables de conformité (AMC).

Avant tout : de quelle classe parle-t-on ?

Tout ce qui suit en dépend, donc autant le poser d'entrée. La classe 1 est le certificat des licences professionnelles CPL, MPL, ATPL : c'est celle que vous passez si vous visez le métier. La classe 2 est celle du vol privé (PPL). La LAPL est une licence de loisir plus légère, avec son propre certificat médical et ses propres règles.

Sur la vision des couleurs, ces trois-là ne sont pas jugées de la même façon, et c'est exactement ce qui explique pourquoi les témoignages qu'on lit en ligne se contredisent : deux pilotes peuvent raconter deux expériences opposées, sans que l'un ni l'autre se trompe.

Deux mots à connaître avant de lire la suite

« Colour safe ». Vous allez le croiser partout. Le règlement l'emploie sans le définir, et je ne vais pas définir à sa place. Ce qu'on peut en dire sans extrapoler : ce n'est pas « avoir une vision des couleurs normale », c'est un statut qui s'établit par les tests de seconde intention décrits plus bas. C'est pour ça que le texte écrit « trichromate normal ou colour safe » : deux façons différentes de satisfaire le même critère.

Le « medical assessor ». C'est le médecin de l'autorité de délivrance des licences, pas votre AME (le médecin examinateur aéronautique agréé qui vous reçoit en cabinet). Quand le texte parle de « renvoi au medical assessor », il parle de passer du médecin de cabinet au médecin de l'autorité.

D'abord, le bon article : MED.B.075

C'est l'erreur qu'on rencontre le plus souvent dans les sources, y compris dans des contenus qui ont l'air sérieux : on cite MED.B.070 pour parler de daltonisme. MED.B.070, c'est le système visuel acuité, réfraction, champ visuel, chirurgie oculaire. Il ne dit rien de la vision des couleurs.

L'article qui traite la vision des couleurs, c'est MED.B.075, dans l'annexe IV (Part-MED) du règlement (UE) 1178/2011. Sa version en vigueur vient du règlement d'exécution (UE) 2019/27 du 19 décembre 2018, qui a remplacé les sous-parties A et B de cette annexe.

Quand un article, un forum ou une école vous parle de vision des couleurs en citant MED.B.070, il n'a pas ouvert le texte.

Ce que dit MED.B.075, alinéa par alinéa

Le principe général, d'abord : est déclaré inapte le candidat qui ne peut pas démontrer sa capacité à percevoir aisément les couleurs nécessaires à l'exercice en sécurité des privilèges de sa licence. Notez la formulation : ce n'est pas « ne pas être daltonien », c'est « percevoir les couleurs nécessaires ».

Ensuite, le texte fait deux choses : il impose un test à l'entrée, et il ouvre deux circuits différents selon la classe.

ÉtapeClasse 1Classe 2
Test à la délivrance initialeIshiharaIshihara
Si l'Ishihara n'est pas réussiLe candidat est renvoyé au medical assessor de l'autorité + tests complémentaires de perception des couleursTests complémentaires pour établir si le candidat est colour safe - sans renvoi obligatoire au medical assessor
Critère à satisfaireÊtre trichromate normal ou colour safeAvoir une perception des couleurs satisfaisante
Si les tests complémentaires échouentInapte. Le règlement ne prévoit aucune limitation en classe 1 : c'est apte ou inapte.Pas d'inaptitude, limitation aux privilèges de jour uniquement

Lire le texte change deux choses. L'échec à l'Ishihara ne décide rien : il ne clôt pas l'examen, il déclenche l'étape suivante. Et la classe 1 et la classe 2 ne suivent pas le même circuit : la classe 2 a une issue intermédiaire, la limitation, que la classe 1 n'a pas.

Une précision d'honnêteté sur la classe 2 : le texte emploie deux formulations, « colour safe » pour les tests complémentaires, « perception satisfaisante des couleurs » pour la limitation, sans préciser si elles se recouvrent exactement. Je ne tranche pas à sa place. Et si le mot « inapte » de la dernière ligne vous arrête : les voies de contestation existent, elles sont traitées dans la page inaptitude et recours.

Le point du pilote : le règlement ne contient aucun chiffre

C'est le point que j'ai mis le plus longtemps à comprendre, et il explique la moitié des malentendus sur le sujet. MED.B.075 ne donne aucun nombre : ni nombre de planches, ni seuil, ni tolérance, ni nom de test, à part « Ishihara ». Tout ce qui est chiffré vit un étage plus bas, dans les moyens acceptables de conformité (AMC), publiés séparément par l'EASA.

Conséquence concrète : ces seuils peuvent être modifiés par une décision de l'Agence, sans passer par le législateur européen. Un chiffre lu dans un article daté n'est donc pas garanti à jour, y compris les chiffres de cette page : ils correspondent à la rédaction des AMC issue de la décision de janvier 2019, et je n'ai pas pu collationner la révision la plus récente des Easy Access Rules. Vérifiez la version en vigueur avant de vous appuyer sur une valeur.

À ne pas comprendre de travers, non plus : un AMC n'est pas une suggestion facultative. C'est la voie par défaut, celle que votre AME suit. La différence est ailleurs, ces chiffres bougent plus facilement qu'un règlement.

Le test d'Ishihara : le critère exact

Le critère se trouve dans les AMC (AMC1 et AMC2 MED.B.075), issus d'une décision de l'EASA de janvier 2019. Il tient en une phrase, et chacun de ses trois éléments est régulièrement déformé :

Le critère, en trois éléments
  • L'édition à 24 planches. C'est la version du test utilisée. Ce n'est pas le nombre de planches à réussir.
  • Les 15 premières planches, présentées dans un ordre aléatoire. L'AMC précise l'ordre aléatoire ; il n'en donne pas la raison.
  • Identifiées sans erreur. Le test est considéré réussi à zéro erreur. Il n'y a pas de « on tolère deux ou trois planches ».

Vous verrez circuler « il faut réussir les 24 planches » : c'est faux, le 24 est l'édition. Vous verrez aussi « on a droit à quelques erreurs » : c'est faux pour les classes 1 et 2. Le seul seuil à tolérance qui existe dans le système concerne la LAPL, et seulement pour le vol de nuit, j'y viens plus bas.

Si l'Ishihara n'est pas réussi : les tests de seconde intention

Le règlement dit simplement « further colour perception testing » : des tests complémentaires. Il ne les nomme pas. Ce sont les AMC qui listent les trois tests acceptés, chacun avec son propre critère :

TestCe que dit l'AMC
Anomaloscopie (type Nagel)Réussi si l'égalisation colorée est trichromatique et si la plage d'égalisation est de 4 unités d'échelle ou moins.
LanterneRéussi si le candidat passe sans erreur un test avec une lanterne acceptée. Les AMC citent les lanternes Spectrolux, Beynes et Holmes-Wright.
CADRéussi si le seuil est inférieur à 6 unités SN pour une déficience deutan, ou inférieur à 12 unités SN pour une déficience protan (les deux formes du daltonisme rouge-vert ; « SN » pour standard normal, l'échelle propre au test CAD). Un seuil supérieur à 2 unités SN en tritan évoque une cause acquise, à investiguer.

Un mot sur la dernière ligne, parce qu'elle n'est pas là par hasard : l'AMC ne se contente pas de fixer un seuil tritan, il écrit que le dépasser « indique une cause acquise qui devrait être investiguée ». C'est le seul endroit du dispositif où le texte renvoie explicitement vers un bilan médical. Ce que ça veut dire dans un cas donné, seul un médecin peut le dire, je ne l'interprète pas ici.

Attention à la source britannique. La UK CAA n'accepte pas la lanterne comme preuve d'être colour safe. Les AMC de l'UE, eux, l'acceptent explicitement. C'est une divergence post-Brexit réelle, et c'est un piège fréquent : la UK CAA est souvent la source la plus lisible qu'on trouve en cherchant en ligne, mais depuis le Brexit elle ne décrit plus le droit européen. Le même avertissement vaut pour les contenus américains : la FAA est un système distinct, que je n'ai pas examiné ici.

Et la LAPL ? Le « 9 sur 15 » et le malentendu qu'il crée

L'article qui régit l'examen médical LAPL, MED.B.095, ne mentionne pas la vision des couleurs. C'est un fait, et il surprend souvent.

L'exigence existe pourtant, mais un étage plus bas, dans l'AMC14 MED.B.095, et seulement pour la qualification de vol de nuit : le candidat devrait identifier correctement 9 des 15 premières planches de l'édition à 24 planches, ou être colour safe.

C'est de là que vient l'idée fausse la plus répandue chez les candidats : le « 9 sur 15 » circule comme s'il s'agissait du seuil général du test d'Ishihara. Il ne l'est pas. C'est le seuil de la qualification de nuit en LAPL, et de rien d'autre. En classe 1 comme en classe 2, le critère reste « sans erreur ».

La limitation « vol de jour » : le code VCL

En classe 2, l'issue prévue par le texte n'est pas l'inaptitude mais la limitation aux privilèges de jour. Sur le certificat, cette limitation porte un code : VCL, pour « Valid by day only ».

Deux précisions qui évitent des erreurs. Le code VCL ne figure pas dans le règlement : l'article qui liste les limitations, MED.B.001, ne nomme que OML, OSL, OPL, ORL et SSL. VCL vient du niveau AMC (AMC2 MED.B.001). Écrire « le règlement prévoit le code VCL » est donc inexact. Et ne confondez pas VCL avec VDL, qui concerne la correction de la vision de loin : sigles voisins, sujets différents. Les codes de correction visuelle sont traités dans la page consacrée aux lunettes du pilote .

Je suis déjà titulaire : va-t-on me le refaire passer ?

Le règlement ne prévoit le test d'Ishihara que pour la délivrance initiale du certificat médical. Pour la suite, la réponse est dans les AMC : aux examens de prorogation et de renouvellement, la vision des couleurs devrait être testée sur indication clinique. Autrement dit : pas systématiquement.

Cette formulation ne distingue pas les situations, alors que la médecine, elle, les distingue nettement, et c'est ce qui explique la logique de la clause. Un daltonisme congénital est stable : il ne se dégrade pas avec les années. Une fois qu'il a été évalué à l'initial, il n'y a rien de nouveau à y détecter. Un trouble acquis, lui, peut apparaître et évoluer, et il est parfois le premier signe d'une atteinte oculaire ou générale. C'est de ce côté-là que se situe l'intérêt d'un contrôle en cours de carrière : détecter un changement, pas re-constater ce qu'on sait déjà. Comment votre examinateur applique cela dans votre cas précis, en revanche, ne relève que de lui.

En revanche, je m'arrête là. Beaucoup de pilotes cherchent à savoir s'il existe une forme de droit acquis qui protégerait un titulaire dont la vision des couleurs se dégraderait avec le temps. Je n'ai trouvé aucune disposition de ce genre, et je ne peux pas non plus affirmer qu'il n'en existe pas. Ne pas trouver n'est pas une preuve d'absence. Si c'est votre situation, c'est exactement le genre de question à poser à votre AME, qui a accès à la guidance de son autorité.

France, Belgique, Suisse, Luxembourg : ce qui change

Question posée en boucle : « est-ce plus dur en France qu'en Belgique ? » Sur les sources officielles que j'ai pu consulter, aucun de ces quatre pays n'ajoute de seuil national chiffré. Ce qui diffère est procédural : qui tranche, et par quelle voie on conteste.

  • France. Dans la liste de l'équipement obligatoire de l'AME agréé, le seul test chromatique exigé est la table d'Ishihara ni anomaloscope, ni lanterne. Conséquence logique : les tests de seconde intention se font ailleurs qu'au cabinet de l'AME. Où exactement, et par quel circuit de renvoi, je n'ai trouvé aucune source officielle française qui le décrive. C'est une question à poser directement à votre AME, il connaît son circuit. À savoir aussi : la DGAC a bien une procédure Ishihara écrite, mais son contenu n'est pas public (rubriques marquées « Réservé » dans son guide de pratiques). On ne peut donc affirmer ni qu'elle est identique à l'AMC, ni le contraire. Côté contestation, l'instance est le CMAC (Conseil Médical de l'Aéronautique Civile) : le délai de deux mois qui figure dans la documentation de la DGAC vaut pour la procédure générale de recours, et non spécifiquement pour un échec chromatique.
  • Belgique. Aucune exigence nationale sur la vision des couleurs. La particularité est décisionnelle : d'après l'arrêté royal du 12 juillet 2013, un comité d'examen médical est prévu pour les vérifications complémentaires des « cas limites », puis une commission de recours (texte consulté sur un miroir non officiel, à confirmer au Moniteur belge). Le circuit détaillé est traité dans la page inaptitude et recours.
  • Suisse. Aucune exigence nationale trouvée sur le sujet. Le point solide : le service médical de l'OFAC (AMS) constitue la première instance de recours en cas de conflit entre un professionnel de l'aviation et un médecin.
  • Luxembourg. Aucune exigence luxembourgeoise supplémentaire n'a été identifiée sur les sources officielles de la DAC, qui renvoie aux règlements européens.

Une réserve que je préfère écrire noir sur blanc : des règles peuvent exister sans être publiques. Plusieurs autorités ont une guidance destinée à leurs seuls AME. « Je n'ai rien trouvé » n'est pas « il n'y a rien ».

Les idées fausses les plus répandues

Ce qui circuleCe que dit le texte
« Daltonien = inapte, point final »En classe 2, l'échec des tests complémentaires donne une limitation au vol de jour, pas une inaptitude. En classe 1, l'inaptitude n'arrive elle aussi qu'après échec des tests complémentaires.
« Rater l'Ishihara, c'est fini »L'échec déclenche des tests complémentaires. Il ne conclut rien.
« Il faut réussir les 24 planches »24 est l'édition du test. On présente les 15 premières en ordre aléatoire.
« On a droit à 2 ou 3 erreurs »Faux en classe 1 et 2 : le critère est « sans erreur ». Le « 9 sur 15 » est le seuil LAPL, qualification de nuit.
« Il faut être trichromate normal pour la classe 1 »Incomplet : le texte dit trichromate normal OU colour safe. Être colour safe suffit.
« C'est MED.B.070 qui régit ça »Non : MED.B.075. MED.B.070 = système visuel.
« Les seuils sont dans le règlement »Le règlement ne contient aucun chiffre. Tout le chiffré est dans les AMC.
« La lanterne n'est pas acceptée en Europe »Les AMC de l'UE l'acceptent. C'est la UK CAA qui la refuse.
« Le test est refait à chaque visite »Systématique à l'initial ; ensuite sur indication clinique.
« VDL, c'est la limitation daltonisme »Piège de sigles : VDL = vision de loin. La limitation vol de jour, c'est VCL.

Ce que vous pouvez faire, concrètement

  • Posez la question avant de vous engager financièrement. Si vous savez que vous avez une déficience, ou si vous le soupçonnez, le moment d'en parler à un AME est avant de payer une formation, pas après.
  • Rassemblez ce que vous avez déjà. Un bilan ophtalmologique, un test de couleurs passé ailleurs : ça n'engage pas la décision, mais ça fait gagner du temps.
  • N'essayez pas d'apprendre les planches. L'ordre de présentation est aléatoire : mémoriser une séquence n'a pas de sens. Et un candidat qui a mémorisé un test n'a rien réglé, ni pour lui, ni pour ceux qui volent avec lui.
  • Distinguez les deux questions. « Est-ce que je passe le test ? » et « est-ce que je peux voler ? » ne sont pas la même question : entre les deux, il y a les tests complémentaires, et parfois une limitation.

Questions fréquentes

Peut-on être pilote de ligne en étant daltonien ?
Rater l'Ishihara ne conclut rien : en classe 1, l'échec déclenche un renvoi au medical assessor de l'autorité et des tests complémentaires. Le texte demande d'être trichromate normal ou colour safe être colour safe suffit. L'inaptitude n'intervient qu'après échec de ces tests. Cette page n'anticipe aucune aptitude : seul votre AME, et le cas échéant l'autorité médicale, peuvent se prononcer sur votre cas.
Quel article régit la vision des couleurs du pilote ?
MED.B.075 « Colour vision » de l'annexe IV (Part-MED) du règlement (UE) 1178/2011, dans sa version issue du règlement d'exécution (UE) 2019/27. MED.B.070 traite du système visuel (acuité, réfraction, champ visuel, chirurgie oculaire) et ne dit rien de la vision des couleurs, c'est la confusion la plus fréquente.
Combien de planches d'Ishihara faut-il réussir ?
Le règlement ne donne aucun chiffre. Le critère est dans les AMC : édition à 24 planches, les 15 premières présentées dans un ordre aléatoire, identifiées sans erreur. Le 24 est l'édition du test, pas le nombre à réussir.
A-t-on droit à quelques erreurs au test d'Ishihara ?
Pour la classe 1 et la classe 2, le critère est « sans erreur ». Le seul seuil à tolérance : 9 des 15 premières planches, ou être colour safe concerne la LAPL, et uniquement la qualification de vol de nuit (AMC14 MED.B.095). Confondre les deux est l'erreur la plus répandue.
Que se passe-t-il si je rate l'Ishihara ?
Des tests complémentaires sont prévus. En classe 1, le candidat est renvoyé au medical assessor de l'autorité de délivrance ; en classe 2, les tests complémentaires ont lieu sans renvoi obligatoire. Trois tests sont acceptés par les AMC : anomaloscopie, lanterne et CAD.
Le daltonisme rend-il inapte en classe 2 ?
Non. En classe 2, un candidat dont la perception des couleurs n'est pas jugée satisfaisante à l'issue des tests complémentaires est limité à l'exercice de ses privilèges de jour uniquement. Le code correspondant est VCL (« Valid by day only »), issu du niveau AMC et non du règlement.
Le test de couleurs est-il refait à chaque visite médicale ?
Non. Le règlement prévoit l'Ishihara pour la délivrance initiale. Pour les prorogations et renouvellements, les AMC indiquent un test sur indication clinique, donc pas systématiquement.
La France, la Belgique, la Suisse ou le Luxembourg ont-ils leurs propres seuils ?
Aucune règle nationale chiffrée n'a été identifiée en France, Belgique, Suisse et Luxembourg sur les sources officielles consultées. Ce qui change est procédural : qui tranche, et par quelle voie de recours. Pour la France, la procédure Ishihara de la DGAC existe mais n'est pas publique.
Ce que dit la UK CAA s'applique-t-il en Europe ?
Non, et c'est un piège fréquent, car la UK CAA est souvent la source la plus lisible en ligne. Divergence documentée : elle n'accepte pas la lanterne comme preuve d'être colour safe, alors que les AMC de l'UE l'acceptent. Depuis le Brexit, le Royaume-Uni ne décrit plus le droit EASA.

Pour aller plus loin

Cette page traite un poste précis de la visite. Pour l'ensemble : la page d'ensemble sur la visite médicale (classes, validités, plafonds d'âge), les lunettes et codes de correction visuelle , préparer sa visite, et si un point pose problème, inaptitude et recours. Le hub général : santé du pilote.

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