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Hypertension, diabète et aptitude : le texte européen, point par point

Par Fabian Voncken — pilote de ligne (ATPL), ancien instructeur de vol et ancien infirmier (cardiologie, soins intermédiaires, urgences). Le règlement contient un seuil de tension chiffré, réservé à la classe 1, et une règle nette sur le diabète insulino-traité. Cette page cite ces critères, indique leur date, et signale une référence très souvent invoquée qui a été supprimée du règlement en 2025. Aucun pronostic d'aptitude, aucun conseil de traitement.

Fabian Voncken, pilote de ligne (ATPL)

Qui écrit cette page ?

Fabian Voncken — Pilote de ligne (ATPL) · Ancien infirmier cardio & urgences

J'ai passé la visite médicale une vingtaine de fois, et j'ai passé six ans, avant de voler, à prendre des tensions et à poser des électrodes au CHUV de Lausanne. J'ai donc vu à quel point une mesure isolée varie. Mais je ne suis pas médecin : cette page ne pose aucun diagnostic, ne discute aucun traitement et ne préjuge d'aucune aptitude, la vôtre moins que toute autre.

En bref

Sur la tension, le texte européen contient bien un chiffre : 160 mmHg systolique et/ou 95 mmHg diastolique. Trois précisions qu'on oublie souvent de donner avec : il ne vise que la classe 1, il joue « avec ou sans traitement », et il parle d'une pression fréquemment supérieure à ces valeurs — pas d'une mesure prise un mardi matin. Sur le diabète : traitement par insuline = inapte, classe 1 comme classe 2. Sans insuline, le texte prévoit l'inaptitude sauf s'il peut être démontré qu'un contrôle de la glycémie est obtenu et stable. Et selon le critère en cause, le texte prévoit soit une inaptitude, soit une évaluation complémentaire, soit un renvoi à l'évaluateur médical : les deux critères ci-dessus sont des inaptitudes.

Pourquoi ces deux sujets sur la même page

L'hypertension et le diabète n'ont pas grand-chose en commun sur le plan médical. Sur le plan de l'aptitude, en revanche, ils illustrent la même mécanique — et deux erreurs de lecture que je vois revenir constamment.

Première erreur : croire qu'un chiffre décide de tout. Certains critères sont bien des inaptitudes écrites ; d'autres ouvrent une étape. Le règlement européen fixe des critères ; quand un critère n'est pas rempli, il ouvre un circuit — évaluation complémentaire, renvoi à l'évaluateur médical de l'autorité, ou concertation avec lui. Deuxième erreur, symétrique : croire qu'il n'y a pas de ligne du tout et que « ça se négocie ». Sur le diabète insulino-traité, il y a une ligne, elle est écrite en une phrase, et aucun AME ne peut la déplacer de sa propre initiative.

Un point que cette page appliquera de bout en bout : on distingue ce qui est écrit dans le règlement de ce qui est écrit dans les moyens de conformité (les AMC), et on distingue les deux de ce qui circule. Ce n'est pas de la pédanterie juridique — c'est ce qui fait la différence entre une information qui tient devant un médecin et une information de forum.

La tension : ce que prévoit le texte, point par point

Le point applicable est MED.B.010 (système cardiovasculaire) de l'annexe IV du règlement européen sur le personnel navigant, dans la rédaction issue du règlement d'exécution (UE) 2019/27. Son alinéa (c) est entièrement consacré à la pression artérielle, et il tient en quatre points.

Une précision de méthode avant le tableau : seule la version française publiée au Journal officiel de l'Union fait foi. Le critère chiffré est cité ci-dessous dans cette version française ; les trois autres alinéas sont résumés depuis l'anglais et ne sont donc pas des citations.

AlinéaCe qu'il prévoit
(c)(1)La pression artérielle est relevée à chaque examen. MED.B.010 relève de la section applicable aux classes 1 et 2 ; au LAPL, c'est un autre point (MED.B.095) qui fait figurer la tension parmi les items de l'examen. Dans tous les cas : il n'existe pas de visite « sans le brassard ».
(c)(2)Une tension hors des limites normales déclenche une évaluation complémentaire portant sur l'état cardiovasculaire et sur le traitement, en vue de déterminer s'il y a lieu de conclure à l'inaptitude au titre des points suivants. Autrement dit : la mesure ne conclut pas, elle ouvre un examen.
(c)(3)
Le critère chiffré
Le seul chiffre du texte. Sont déclarés inaptes les candidats à un certificat de classe 1 présentant une hypotension symptomatique, ou une « pression artérielle lors de l'examen fréquemment supérieure à 160 mmHg systolique et/ou 95 mmHg diastolique, avec ou sans traitement » — version française du Journal officiel.
(c)(4)Les candidats qui viennent de commencer un traitement destiné à contrôler la tension sont déclarés inaptes jusqu'à ce que l'absence d'effets secondaires significatifs soit établie. Le texte ne fixe aucune durée. C'est une inaptitude liée à la mise en route du traitement, pas à la maladie.

Ces quatre lignes sont plus riches que le « 160/95 » qui circule seul. Trois expressions méritent qu'on s'y arrête.

« Fréquemment supérieure » — une mesure isolée n'est pas le critère

Le texte ne dit pas « une tension supérieure à 160/95 ». Il dit une pression artérielle fréquemment supérieure à ces valeurs lors de l'examen — l'anglais dit consistently exceeding. C'est une nuance de fond, et c'est celle qui justifie qu'un médecin reprenne la mesure, la répète, vous fasse patienter, ou demande un suivi. Ce n'est pas de la complaisance : c'est la lecture littérale du critère. Ce que cela vaut dans votre cas, en revanche, c'est lui qui le dit.

« Avec ou sans traitement » — être traité ne fait pas repasser sous la barre

C'est le point que l'on comprend souvent à l'envers. Le critère s'applique à la tension observée, que vous preniez ou non un médicament. Il n'y a pas de seuil plus indulgent parce qu'on est traité. Et ce que le traitement doit viser, ce n'est pas un critère d'aptitude : c'est votre médecin qui le détermine, et cela ne se déduit pas d'un texte réglementaire.

« Classe 1 » — le chiffre ne vise que la classe 1

Le règlement ne fixe aucun seuil chiffré de tension pour la classe 2. Cela ne veut évidemment pas dire que la tension n'y compte pas : les alinéas (c)(1) et (c)(2) s'appliquent aux deux classes, et l'évaluation aéromédicale reste entière. Cela veut dire qu'il n'y a pas, dans le texte, de barre chiffrée à laquelle se raccrocher — et donc encore moins de barre à s'appliquer soi-même. Le LAPL relève d'un régime distinct, que cette page ne traite pas pour la tension.

Le chiffre est dans le règlement, pas dans les AMC

Sur la plupart des sujets d'aptitude, la répartition est celle-ci : le règlement pose un principe, et les moyens acceptables de conformité — les AMC, publiés par l'agence européenne et modifiables par décision — portent les valeurs chiffrées. C'est ce que j'ai constaté ailleurs, et c'est ce qu'on suppose spontanément.

Ici, c'est l'inverse. Le 160/95 est dans le règlement lui-même, en MED.B.010(c)(3). Et l'AMC correspondant — AMC1 MED.B.010, point (j), consacré à la pression artérielle — ne contient aucune valeur en mmHg. Il traite d'autre chose : l'évaluation cardiovasculaire à la découverte d'une hypertension, l'accord de l'évaluateur médical sur le traitement, et la réévaluation après mise en route.

Conséquence de mécanisme : déplacer ce chiffre supposerait de modifier le règlement, et non seulement de prendre une décision de l'agence — ce qui est la voie habituelle quand une valeur vit dans un AMC.

Ce qui se passe réellement au poste « tension »

Le point du pilote et de l'infirmier — j'ai été de l'autre côté du brassard

Avant de voler, j'ai passé des années à prendre des tensions à l'hôpital. Ce qu'on apprend très vite, c'est à quel point une mesure bouge selon les conditions dans lesquelles elle est prise : la position du bras, la taille du brassard, ce qui s'est passé dans les minutes d'avant. Ce sont des conditions de mesure que le soignant maîtrise, pas des leviers pour le candidat — ce ne sont surtout pas des astuces à appliquer avant une visite. C'est simplement la raison pour laquelle on répète une mesure au lieu de la graver dans le dossier.

Et il y a l'effet « blouse blanche », qui n'est pas une légende : chez certaines personnes, la tension monte du seul fait d'être mesurée. Le jour de la visite, avec un enjeu professionnel derrière, l'effet n'a aucune raison d'être moindre. Ce que ça vaut pour votre dossier, c'est le médecin qui le dit — pas moi, et surtout pas vous. Mais savoir que le phénomène existe évite de partir en panique sur un premier chiffre.

Une seule chose est non négociable, et elle vaut d'être écrite en gras : n'arrêtez jamais, ne réduisez jamais et ne décalez jamais un traitement de vous-même avant une visite. Ni pour « faire un meilleur chiffre », ni pour « voir ce que ça donne ». C'est dangereux médicalement, c'est visible, et c'est le meilleur moyen de transformer une question médicale en problème d'aptitude. Si le traitement vous pose une question, elle se pose à votre médecin traitant et à votre AME — avant le jour J.

Le traitement antihypertenseur : ce qui est écrit, et ce qui ne l'est pas

Le règlement ne nomme aucun médicament. C'est l'AMC qui, lui, indique que le traitement antihypertenseur devrait faire l'objet d'un accord de l'évaluateur médical de l'autorité, et qui cite des familles de médicaments susceptibles d'être acceptables.

Je ne reproduis pas cette liste ici, volontairement. Non parce qu'elle serait secrète — la référence exacte est en marge de cette page, pour votre médecin — mais parce qu'une liste de familles thérapeutiques posée devant un lecteur devient immédiatement une comparaison avec sa propre ordonnance, et une conclusion sur son propre dossier. Ce n'est ni un guide de prescription, ni une liste dans laquelle choisir. Le choix d'une molécule appartient à votre médecin, en fonction de votre état, et son acceptabilité en aéronautique relève de l'évaluateur médical.

Ne demandez pas de changement de traitement pour des raisons de licence. Si la question se pose, c'est à votre médecin et à votre AME de la porter — pas à vous.

Commencer un traitement : ce que ça déclenche

Deux textes se rejoignent au même endroit, et il vaut mieux les connaître à l'avance.

D'un côté, MED.B.010(c)(4) : la mise en route d'un traitement de la tension entraîne une inaptitude jusqu'à ce que l'absence d'effets secondaires significatifs soit établie. De l'autre, MED.A.020, qui traite de la diminution de l'aptitude : le titulaire d'un certificat médical doit, sans retard indu et avant d'exercer les privilèges de sa licence, demander un avis aéromédical — notamment lorsqu'il a commencé à prendre régulièrement un médicament. Pour un certificat de classe 1 ou de classe 2, cet avis se demande auprès d'un centre aéromédical ou d'un AME.

Traduit en clair : commencer un antihypertenseur n'est pas un événement qu'on garde pour la prochaine visite. C'est un événement qui déclenche, tout de suite, une démarche déclarative. Et pour éviter tout malentendu : le traitement se décide avec votre médecin, sans considération de calendrier de licence. C'est la déclaration qui se fait sans retard indu, pas le traitement qui s'ajuste à l'échéance d'un certificat.

Le diabète : une ligne nette, et beaucoup de bruit autour

Le point applicable est MED.B.025, « systèmes métabolique et endocrinien », dans la même section du texte. Il est court, et il ne laisse pas de place à l'interprétation.

SituationCe que prévoit le règlement (classes 1 et 2)
Dysfonction métabolique, nutritionnelle ou endocrinienne en généralL'aptitude est possible sous réserve d'une stabilité démontrée de l'état et d'une évaluation aéromédicale satisfaisante.
Diabète nécessitant de l'insuline
Règle centrale
Inapte. La phrase est sans condition et sans exception dans le texte, et elle ne distingue pas la classe 1 de la classe 2.
Diabète ne nécessitant pas d'insulineInapte sauf s'il peut être démontré qu'un contrôle de la glycémie est obtenu et stable. La charge de la démonstration est donc du côté du candidat.
Traitement autre que l'insuline pour contrôler la glycémieClasse 1 : renvoi à l'évaluateur médical de l'autorité. Classe 2 : aptitude évaluée en concertation avec lui. Un mécanisme européen, pas une particularité nationale.

Deux remarques sur ce tableau. La première : le texte parle de « diabète nécessitant de l'insuline », pas de type 1 ou de type 2. C'est le traitement qui commande, pas l'étiquette du diagnostic. Cette distinction est réglementaire, et elle ne se discute pas avec sa licence en main : elle se discute avec le médecin qui décide du traitement, et avec un AME pour le volet aptitude.

Une phrase à ne pas mal lire, et je préfère l'écrire noir sur blanc : aucun choix de traitement ne doit être fait en fonction d'une licence. Si un traitement vous est proposé, la question de savoir s'il vous convient est médicale, et elle se tranche avec votre médecin — pas avec un texte d'aptitude sous les yeux. Les conséquences sur une licence se traitent ensuite, avec un AME, dans cet ordre-là.

La seconde : le règlement ne nomme aucune molécule antidiabétique et ne fixe aucune valeur d'HbA1c. Le fond — quelles molécules, avec quelle limitation éventuelle — relève des AMC et de l'évaluation individuelle. Je ne le détaille pas ici : je n'ai pas collationné cet AMC dans son intégralité, et un demi-AMC sur un sujet pareil ne vaut rien.

Et le LAPL ? MED.B.025 relève de la section du texte consacrée aux classes 1 et 2. Le certificat LAPL relève d'un autre point, MED.B.095, qui décrit le contenu de l'examen — et qui ne contient aucun critère relatif au diabète ni à l'insuline. Le règlement ne pose donc rien de chiffré ou de catégorique sur ce point pour le LAPL ; la matière est renvoyée aux moyens de conformité, que je n'ai pas consultés pour cette page. Je m'arrête donc là : c'est une question à poser à un AME ou à un médecin généraliste agréé, pas à une page web.

La référence à ne plus invoquer : ARA.MED.330 n'existe plus

Dès qu'on parle de diabète insulino-traité et d'aviation, une référence revient encore : ARA.MED.330, « circonstances médicales particulières », dans l'annexe VI du même règlement — celle qui s'adresse aux autorités. Elle est régulièrement présentée comme la porte de sortie individuelle, la « dérogation » qu'il suffirait de demander. Deux problèmes : ça n'a jamais été ça, et ce point a été supprimé.

Le règlement d'exécution (UE) 2024/2076 du 24 juillet 2024 abroge ARA.MED.330, avec effet au 13 février 2025. L'agence européenne a suivi en supprimant les moyens de conformité et les documents d'orientation correspondants (décision 2025/002/R du 3 février 2025). Le motif qu'elle donne dans son avis préparatoire : la très grande majorité des personnes consultées estimait que le contenu de ce point n'était pas éthique et permettait des traitements inégaux.

Ce qui subsiste est une mesure transitoire (article 3a du règlement 1178/2011) : les autorités déjà engagées dans un protocole dont la validité avait été fixée avant le 13 août 2024 peuvent le poursuivre jusqu'à son terme, ou le rejoindre. Rien de plus. Aucun nouveau protocole ne peut être ouvert sur cette base.

Et ce que le point disait, quand il existait, n'était déjà pas ce qu'on lui prête. Voici le décalage, parce qu'il continue de circuler.

Ce qu'on lit souventCe que prévoyait le texte, avant sa suppression
« C'est une dérogation qu'on peut demander. »C'était un cadre de protocole d'évaluation médicale, ouvert lorsqu'une technologie, un médicament ou une procédure nouvelle pouvait justifier de déclarer aptes des candidats ne satisfaisant pas aux exigences. Développé par une autorité compétente en coopération avec au moins une autre — jamais à la demande du candidat.
« Mon AME peut me le faire. »Le texte était explicite : les centres aéromédicaux et les AME ne pouvaient délivrer un certificat sur la base d'un tel protocole que s'ils en recevaient l'instruction de l'autorité compétente.
« Un certificat obtenu comme ça vaut partout. »Les privilèges étaient restreints aux aéronefs immatriculés dans les États membres participants au protocole, avec les limitations prévues.
« Donc l'Europe autorise désormais l'insuline. »Non — et encore moins depuis la suppression du point. La règle de la partie MED n'a pas bougé : insuline = inapte. Un protocole ouvert dans un État ne modifiait pas le règlement, ne s'étendait pas automatiquement, et n'a jamais été un droit.

Je ne dis pas que rien ne bougera jamais — les textes d'aptitude évoluent, et celui-ci vient précisément d'évoluer. Je dis qu'au jour où cette page est écrite, il n'y a pas de voie individuelle à demander. Si un projet professionnel en dépend, la question se pose par écrit à l'autorité de délivrance concernée, avant d'engager quoi que ce soit — et surtout avant de payer une formation.

Attention à la source américaine

C'est une confusion très courante sur ce sujet, et elle est facile à comprendre : les ressources en anglais sont abondantes, bien écrites, et parlent d'un régime américain. L'autorité américaine délivrait déjà, depuis 1996 et au cas par cas, des certificats de 3e classe — le niveau du pilote privé — à des candidats traités par insuline. Le 7 novembre 2019, elle a ouvert un protocole encadré étendant cette possibilité aux certificats de 1re et 2e classe, donc au commercial et à la ligne.

Tout cela ne dit rien de ce qui s'applique en Europe. Ce sont deux systèmes distincts, avec des textes distincts et une reconnaissance qui ne se transfère pas d'elle-même. Lire une page américaine et en conclure quoi que ce soit sur son dossier européen, c'est exactement le type d'erreur qui fait perdre des mois — et parfois de l'argent, quand elle intervient au moment de choisir une formation.

Ce que cette page ne vous dira pas

Autant l'écrire noir sur blanc, parce que c'est précisément ce que l'on vient chercher sur ce genre de page.

Ce que vous cherchez peut-êtrePourquoi vous ne le trouverez pas ici
« Est-ce que je serai apte ? »Personne d'honnête ne peut le dire par écrit, sans vous examiner et sans votre dossier. Cette décision appartient à votre AME, et le cas échéant à l'évaluateur médical de l'autorité.
Une valeur cible de tension à atteindreCe serait un objectif thérapeutique, donc une conduite médicale. Le seul chiffre que cette page cite est un critère réglementaire — les deux ne se confondent pas.
Une valeur d'HbA1c « acceptable »Le règlement n'en donne aucune, et je n'ai pas collationné l'AMC correspondant dans son intégralité. Un chiffre approximatif sur ce sujet serait pire que pas de chiffre du tout.
La proportion de dossiers qui « passent »Aucune statistique publique ne permet de l'établir. Une impression rassurante n'est pas une donnée.

Ce que cette page peut faire, en revanche : vous permettre d'arriver à la visite en sachant quel texte s'applique, ce qu'il dit exactement, et quel circuit s'ouvre si un critère n'est pas rempli.

Questions fréquentes

Y a-t-il un seuil de tension officiel pour les pilotes ?
Uniquement pour la classe 1. Le règlement européen y déclare inapte le candidat présentant une pression artérielle, lors de l'examen, fréquemment supérieure à 160 mmHg systolique et/ou 95 mmHg diastolique, avec ou sans traitement. Le règlement ne fixe aucun seuil chiffré pour la classe 2, et le LAPL relève d'un autre régime. Critère relu le 26 juillet 2026 : reportez-vous à la version consolidée en vigueur.
Si ma tension est haute le jour de la visite, c'est fini ?
Le critère du texte ne vise pas une mesure isolée mais une pression artérielle fréquemment supérieure aux valeurs indiquées. C'est ce qui justifie qu'un médecin reprenne la mesure ou demande un suivi. Ce que votre situation particulière donnera, seul votre médecin examinateur peut le dire — cette page ne préjuge d'aucune issue.
Puis-je voler si je prends un traitement contre l'hypertension ?
Le règlement n'interdit pas d'être traité : il prévoit une inaptitude à la mise en route du traitement, jusqu'à ce que l'absence d'effets secondaires significatifs soit établie. Les moyens de conformité indiquent en outre que le traitement devrait faire l'objet d'un accord de l'évaluateur médical, et citent des familles de médicaments susceptibles d'être acceptables — que cette page ne reproduit pas volontairement, cette lecture appartenant à votre médecin et à l'évaluateur médical, pas à un lecteur qui compare avec son ordonnance. Ne demandez jamais de changement de traitement pour des raisons de licence.
Dois-je prévenir quelqu'un si je commence un médicament ?
Oui. Le point du règlement consacré à la diminution de l'aptitude prévoit que le titulaire d'un certificat médical demande un avis aéromédical sans retard indu et avant d'exercer les privilèges de sa licence lorsqu'il a commencé à prendre régulièrement un médicament — parmi d'autres situations. Pour un certificat de classe 1 ou 2, cet avis se demande auprès d'un centre aéromédical ou d'un AME. Ce n'est pas une formalité à repousser jusqu'à la prochaine visite.
Faut-il arrêter son traitement avant la visite pour avoir un meilleur chiffre ?
Non — jamais. Arrêter, réduire ou décaler un traitement de sa propre initiative est dangereux médicalement, et le critère réglementaire s'applique de toute façon « avec ou sans traitement ». Si votre traitement soulève une question, elle se pose à votre médecin traitant et à votre AME, avant le jour de la visite.
Peut-on être pilote avec un diabète ?
Le règlement distingue selon le traitement, pas selon le type de diabète. Un diabète nécessitant de l'insuline conduit à une évaluation d'inaptitude, en classe 1 comme en classe 2, sans exception dans le texte. Pour un diabète ne nécessitant pas d'insuline, le texte prévoit l'inaptitude sauf s'il peut être démontré que le contrôle de la glycémie est obtenu et stable — la charge de la démonstration est du côté du candidat. Rien n'y est automatique dans un sens comme dans l'autre : l'évaluation est individuelle.
ARA.MED.330 permet-il d'obtenir une dérogation pour l'insuline ?
Non, et la question ne se pose plus : ce point a été supprimé du règlement européen par le règlement d'exécution (UE) 2024/2076, avec effet au 13 février 2025. Avant cela, ce n'était déjà pas une dérogation individuelle mais un protocole d'évaluation médicale développé par une autorité compétente en coopération avec au moins une autre, sur instruction de laquelle seule un AME pouvait délivrer, avec des privilèges restreints aux aéronefs des États participants. Seuls les protocoles dont la validité était fixée avant le 13 août 2024 survivent, à titre transitoire. La règle de la partie MED est inchangée : insuline = inapte.
J'ai lu que les États-Unis autorisent les pilotes insulino-traités.
C'est un régime américain : certificats de 3e classe au cas par cas depuis 1996, puis 1re et 2e classe depuis le 7 novembre 2019 via un protocole encadré. Il ne dit rien du droit européen et ne se transfère pas de lui-même. C'est une confusion qui coûte cher, en particulier au moment de choisir une formation.
Et pour le LAPL ?
Le point du règlement consacré au diabète relève de la section applicable aux classes 1 et 2. Le certificat LAPL relève d'un autre point, qui décrit le contenu de l'examen et ne contient aucun critère relatif au diabète ni à l'insuline. Le règlement ne pose donc rien de catégorique sur ce point pour le LAPL, et la matière est renvoyée aux moyens de conformité — que je n'ai pas consultés pour cette page. La question se pose à un AME ou au médecin généraliste agréé qui signe le certificat.
Que veut dire « renvoi à l'évaluateur médical » ?
C'est le mécanisme prévu quand un AME ne peut pas conclure seul : le dossier monte à l'évaluateur médical de l'autorité de délivrance — la DGAC en France. En classe 1, le texte parle de renvoi ; en classe 2, d'une évaluation en concertation avec lui. Ce n'est pas un verdict, c'est un dossier qui monte d'un étage. Sur ce qui se passe si la décision ne va pas dans votre sens, voir la page consacrée à l'inaptitude et aux recours.

Pour aller plus loin

Pour l'ensemble de la visite : la page d'ensemble sur la visite médicale (classes, validités, plafonds d'âge) et préparer sa visite, qui détaille notamment le poste tension et l'effet blouse blanche. Poste par poste : ce que la visite examine. Si un point pose problème : inaptitude et recours. Le hub : santé du pilote.

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